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Les hippodromes du Nord Pas-de-Calais

Hippodrome Le Croisé Laroche

Marcq en Baroeul (59704)

Courses - Trot • Courses - Plat • Hippodromes, champs de courses


Mêlant sport et argent, les jeux hippiques passionnent une foule de parieurs. Ces derniers peuvent être de véritables initiés, fervents amateurs du sport équestre, ou des adeptes des jeux de hasard. Organisateur des courses en France, le PMU est une immense entreprise.

 

Ensemble d'activités liées à l'engagement de paris sur les résultats des courses de chevaux.

 

On emploie fréquemment, pour les désigner, le terme d'origine anglaise turf.

 

Historique

 

C'est à l'époque de l'Empire romain qu'il faut faire remonter l'origine des jeux hippiques, avec les fameuses courses de chars organisées dans le cadre des jeux du cirque, qui étaient l'objet d'énormes enjeux (en latin, sponsio). Entraîneurs, jockeys, juges au départ, à l'arrivée et, même, société d'encouragement, haras et poulinières : les Romains n'auraient rien eu à envier aux organisateurs des courses modernes.

 

La passion pour les compétitions hippiques reste importante sous l'Empire byzantin, où l'opposition entre les factions rivales des Bleus et des Verts manque d'ébranler le trône de Justinien et de Théodora. Puis, elle trouve sa terre d'élection en Angleterre, où, depuis Athelstan (vers 960), tous les monarques successifs auront le souci de fixer et d'améliorer une race de chevaux de course. C'est Jacques Ier (1603-1625) qui peut être considéré comme le père du turf britannique : il crée le premier hippodrome gazonné, le premier centre d'entraînement, à Newmarket. Guillaume III (1689-1702) jette les fondements d'une recherche de la race pure, en créant le stud-book, registre " d'état civil " où sont inscrits tous les chevaux de pur sang, à condition de satisfaire à certains critères qualitatifs. Byerley Turk, Darley Arabian et Godolphin Arabian, trois étalons arabes, sont à l'origine de la race actuelle des pur-sang. Arrière-petit-fils de Darley Arabian, Éclipse, né en 1764, sera la première idole du turf : 21 courses, 21 victoires, puis une carrière non moins brillante au haras. C'est à son époque que le turf britannique se dote de l'institution qui va progressivement régenter toutes les courses : le Jockey-Club, fondé en 1751 et qui publie son premier règlement en 1771. En 1780, lord Derby institue à Epsom une poule pour chevaux de trois ans : les Derby Stakes. Une poule est la mise en commun des enjeux sur les chevaux, qui sont répartis ensuite entre les gagnants.

 

Les premières courses en France

 

En France, c'est seulement sous Louis XIV que sont organisées, dans la plaine d'Achères, les premières courses officielles, le 25 février 1683. Mais c'est le comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X, qu'il faut considérer comme le vrai père du turf français. Sous son impulsion, un hippodrome est créé dans la plaine des Sablons, en 1776. Puis, en 1781, le premier champ de courses officiel fait son apparition dans le parc du château de Vincennes. Dès lors, ni la Révolution ni les changements de régime et de dynastie ne pourront empêcher l'irrésistible développement des courses. C'est sous Louis-Philippe, en 1833, que se crée la Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux en France, qui installe un hippodrome à Chantilly ; en 1836 s'y dispute le Prix du Jockey-Club, le " Derby " français. En 1857, Longchamp est inauguré, puis Deauville en 1864. Parallèlement, la Société des steeple-chases, fondée en 1863, ouvre Auteuil en 1873, tandis que la troisième société mère, celle du demi-sang, s'organise en 1864 ; elle fera courir à Vincennes à partir de 1879.

 

Un hippodrome : l'exemple de Longchamp

 

Longchamp, considéré comme l'un des plus beaux hippodromes du monde, porte un nom connu dès le VIIIe siècle ; à cette époque, des bûcherons défrichent, dans la forêt de Rouvray, une bande de terre allongée, bientôt baptisée le Longchamp. Site d'une abbaye fondée par la sœur de Saint Louis en 1250, rasée à la Révolution et dont il ne subsiste que le soubassement du moulin, Longchamp découvre sa vocation hippique en 1854, quand le conseil municipal de Paris, à l'instigation du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et grand protecteur des courses, achète la plaine pour y établir un hippodrome. La Société d'encouragement obtient une concession de cinquante ans à partir du 1er juillet 1856. Moins d'un an plus tard, le 24 avril 1857, l'inauguration du nouvel hippodrome est un succès populaire et mondain : plus de trois mille personnes dans l'enceinte du pesage, cinq mille dans les gradins et le pavillon, quatre mille à la pelouse. Le tout-Empire, à commencer par l'empereur et l'impératrice, assiste à l'événement. Le premier gagnant de cette réunion inaugurale porte un nom prédestiné : Éclaireur. En 1863, c'est la création du Grand Prix de Paris, doté de l'allocation - considérable pour l'époque - de 100 000 francs-or. Son premier vainqueur s'appelle The Ranger ; c'est un anglais. Deux ans plus tard, le fameux Gladiateur met enfin un coup d'arrêt à la suprématie britannique : quand il bat les chevaux anglais chez eux, dans le Derby d'Epsom, la Chambre fait une ovation à son propriétaire. Et, quand le phénomène apparaît à Longchamp, pour ridiculiser ses adversaires dans le Grand Prix, toutes les Parisiennes s'habillent en bleu et rouge, les couleurs du comte de Lagrange ! L'histoire de Longchamp continuera d'être intimement mêlée à la vie parisienne, aussi bien qu'à la vie politique : en 1867, soixante mille soldats y défilent, en présence du tsar et du roi de Prusse. En 1873, le crack Boiard court devant le roi de Perse ; un prix d'Ispahan - qui se dispute encore le jour du Grand Prix - commémore cette visite exceptionnelle. En 1886, le sort de la République s'y joue : le général Boulanger, plébiscité lors de la revue du 14 juillet qui s'y tient chaque année, n'a qu'un geste à faire pour se retrouver porté à l'Élysée par l'enthousiasme populaire. Le 14 octobre 1906, l'hippodrome s'enflamme à nouveau : mécontents d'un mauvais départ, les parieurs mettent le feu aux baraques du Mutuel.

 

La Nuit de Longchamp, en juin 1936, est une autre illumination qui réunit, le temps d'une fête, le tout-Paris et le tout-faubourg (courses, bals, kermesse, cirque, boxe, feux d'artifice). Entre-temps, Longchamp s'est enrichi de sa plus belle épreuve : le Prix de l'Arc de triomphe, dont le premier vainqueur, en 1920, est l'anglais Comrade.

 

À partir de 1966, l'hippodrome va présenter un nouveau visage ; 100 millions de francs sont investis pour en faire une sorte de " paquebot de luxe ", avec ses différentes classes, son autonomie, son équipage à l'année : il s'agit d'entretenir 4 ha de tribunes, 50 000 m2 de carrelages, 18 000 m2 de vitres, de planter 60 000 pieds de fleurs, de garder en état 17 ha de pistes gazonnées. Les techniques les plus modernes témoignent que rien n'a été trop beau pour justifier sa réputation de " temple des courses plates " : départ en stalles, chronométrage électronique, contrôle filmé, photo-finish, télévision couleur, traitement des paris par ordinateur, laboratoires vétérinaires. Les enjeux et les prix alloués aux vainqueurs sont devenus considérables : le vainqueur du Prix de l'Arc de triomphe reçoit 4 millions de francs, celui du Grand Prix de Paris, 1,5 million.

 

Le Pari mutuel urbain (PMU)

 

Le jeu a toujours accompagné les courses. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, il a pris la forme de paris particuliers entre amateurs ou entre un turfiste et un bookmaker : l'un gagnait ce que l'autre perdait. Après la guerre de 1870, on voit se développer les poules. Joseph Oller, le créateur du Moulin-Rouge et de l'Olympia, crée l'une des poules les plus appréciées, qu'il appelle pari mutuel. Mais sa formule est interdite en 1874 pour nocivité publique. Il faudra attendre 1887 pour qu'un arrêté accorde à la Société d'encouragement l'autorisation de mettre en place sur l'hippodrome un système appelé totalisateur, qui n'est rien d'autre qu'une forme du pari mutuel d'Oller, tandis que les bookmakers sont interdits de champ de courses. Comme ils continuent à sévir en ville, le gouvernement dépose, en 1891, un projet de loi sur la répartition et la centralisation des fonds joués sur les hippodromes. Votée le 2 juin 1891, cette loi régit encore aujourd'hui l'organisation des paris en France. Faute de disposer des structures nécessaires, les sociétés de courses font appel à des firmes privées pour assurer l'enregistrement des paris, le groupement des mises, le calcul des rapports et les paiements : ce seront les sociétés Oller et Chauvin. En juillet 1930, le gouvernement, pour faire pièce à l'activité clandestine des bookmakers, prend un décret prescrivant aux sociétés d'organiser les paris mutuels hors des hippodromes : le Pari mutuel urbain est né ; il entrera en service le 2 mars 1931. À ses débuts, il n'offre aux turfistes qu'un jeu simple : jouer soit gagnant (le cheval doit arriver premier), soit placé (il doit prendre l'une des trois premières places). En 1949, le PMU crée le couplé(trouver deux des trois chevaux qui composent l'arrivée). Devant les réactions favorables des parieurs, qui témoignent de leur goût pour les rapports élevés, André Carrus, polytechnicien, gendre du précurseur Chauvin, invente le tiercé.

 

En janvier 1954, le premier tiercé ne fait que 3 millions de francs (anciens) de recette. En janvier 1983, lors du Prix d'Amérique, les enjeux atteignent le chiffre record de 155 millions de francs (lourds). En 1995, le tiercé draine des paris d'un montant annuel de quelque 5 milliards de francs. Le succès du tiercé a donné l'idée au PMU de lui associer d'autres formules. Il crée ainsi le quarté plus en 1987, le quinté plus en 1989, le deux sur quatre (qui consiste à trouver deux des quatre premiers chevaux à l'arrivée) en 1993. En 1995, les enjeux se sont montés à quelque 4 milliards de francs pour le quarté plus, 10 milliards pour le quinté plus, 1,5 milliard pour le deux sur quatre. Mais ces sommes ne profitent que faiblement aux organisateurs (les sociétés de courses doivent se contenter de 10 % du montant des paris). L'État en reçoit 18 %, les 72 % restant allant aux gagnants. Aujourd'hui, le PMU est une gigantesque entreprise. Il dépend des ministères de l'Agriculture et des Finances, et réalise un chiffre d'affaires d'environ 35 milliards de francs. Quelque huit mille postes d'enregistrement, entièrement automatisés à l'aide de l'informatique depuis 1988, prennent les paris de près de dix millions de turfistes.


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