
Le Nord Pas-de-Calais
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Les clubs et
associations de spéléologie dans le Nord Pas-de-Calais
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Les clubs
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Étymologiquement,
la spéléologie, mot créé en 1890 par le
préhistorien Émile Rivière, se définit
comme la science (logos) de la caverne (spêlaion). Mais, depuis
1964, les
spéléologues français se sont aussi
regroupés en une fédération rattachée au
Comité olympique français, de sorte que la
spéléologie participe depuis lors au
mouvement sportif. Soucieuse de la mise en valeur et de la protection
du monde
souterrain, la spéléologie a donc de multiples facettes,
mais toutes procèdent
de l'exploration des cavernes, préalable nécessaire au
développement de chacune
des autres activités. Discipline
à la fois scientifique et sportive ayant pour but l'exploration des cavernes. L'exploration
des cavernes Les
pionniers S'il existe
de très anciens textes relatant des incursions souterraines, comme dans la
grotte de Breitenwinner (Bavière) en 1535, c'est surtout dans la seconde moitié
du XVIIIe siècle que se déroulent de véritables explorations ; d'audacieux
savants n'hésitent pas alors à descendre de grands puits, à naviguer sur des
lacs souterrains, à parcourir plusieurs centaines de mètres de galeries et
parfois à en dresser le plan, comme dans le Cluseau de Miremont (Dordogne).
Mais ce sont là des entreprises dispersées, et les explorateurs se contentent
généralement d'une seule visite. C'est dans
les environs de Trieste, à partir des années 1840, qu'est entreprise
l'exploration méthodique du sous-sol. L'enjeu est de taille, puisqu'il s'agit
d'assurer l'approvisionnement en eau de la ville, alors placée sous domination
autrichienne. Une lignée de grands explorateurs, parmi lesquels Lindner, Hanke,
Marinitsch et Kraus, descendent pendant près de cinquante ans tous les gouffres
des plateaux environnants ; dans le gouffre de Trebiciano, ils atteignent ainsi
la profondeur record de 329 m et dans un gouffre voisin, la Kacna Jama,
retrouvent le cours souterrain de la Recca, rivière enfouie dans les
profondeurs du Karst. De ces investigations allait naître en 1879 le premier club
de spéléologie. Cet élan
donné par les Autrichiens va trouver un continuateur passionné en la personne
d'Édouard-Alfred Martel (1859-1938), avocat parisien qui, à partir de 1888 et
jusqu'en 1913, va se consacrer à l'exploration du monde souterrain, à l'organisation
de la spéléologie et à la publication de quelque vingt ouvrages et près de neuf
cents articles révélant au grand public les merveilles de la " France
ignorée ". Ses vingt-six campagnes le mènent de l'Autriche aux Baléares,
en passant par la Grande-Bretagne, les États-Unis et à peu près toutes les
régions calcaires de France. S'il ne descend jamais aussi profond que ses
prédécesseurs autrichiens, il est le premier à traverser en 1888 la grotte de
Bramabiau (Gard) et à explorer l'aven Armand (Lozère) et le gouffre de Padirac
(Lot). En 1895, il crée la Société française de spéléologie et sa revue
Spelunca. Si la
guerre de 1914 vient donner un coup d'arrêt aux activités spéléologiques de
Martel, les années 1920-1930 seront marquées par deux grandes figures aussi
dissemblables que possible : Norbert Casteret et Robert de Joly. Norbert
Casteret s'attache à l'exploration, souvent solitaire, des Pyrénées et se
signale par la découverte d'une statue préhistorique dans la grotte de
Montespan (Haute-Garonne), par l'exploration des grottes glacées du cirque de
Gavarnie et par l'identification définitive des sources de la Garonne. De son
côté, Robert de Joly, fondateur du Spéléo-Club de France, révolutionne les
techniques d'exploration en inventant les échelles métalliques souples. La
spéléologie française connaît alors un nouvel essor, marqué successivement par
trois records du monde de profondeur : réseau de la Dent de Crolles (Isère) en
1944, gouffre de la Pierre-Saint-Martin en 1953, gouffre Berger (Isère) enfin,
dans lequel est franchie pour la première fois en 1956 la profondeur symbolique
de 1 000 mètres. Spéléologie
alpine, plongée souterraine et spéléologie tropicale Les progrès
techniques et l'extension ininterrompue des champs d'investigation devaient
encore accroître le nombre des découvertes. Depuis les
années 1960, les échelles métalliques ont en effet cédé la place à un matériel
plus léger et plus sûr : les spéléologues, en équipes plus réduites,
progressent aujourd'hui sur corde unique. Telle l'araignée au bout de son fil,
ils se laissent glisser à l'aide de descendeurs et remontent au moyen de
systèmes autobloquants. Éclairé par la traditionnelle lampe à acétylène, vêtu
d'une combinaison en toile plastique, chaque explorateur est ainsi autonome.
Lorsque la cavité s'avère très profonde, un bivouac est installé, qui permet de
prolonger sur plusieurs jours les séances d'exploration. Dans ces conditions,
rares sont les obstacles infranchissables : à l'automne 1996, un puits de 643 m
de verticale a été ainsi descendu d'un seul jet dans les Alpes slovènes ! Parallèlement,
en même temps qu'étaient atteintes des profondeurs toujours croissantes, un
autre domaine s'ouvrait à l'exploration, celui des siphons. On nomme siphons
les galeries qui, en fond de gouffre ou au point de sortie des eaux, sont
entièrement noyées. Sur la base du scaphandre autonome de Cousteau, les
plongeurs spéléos adaptèrent le matériel à la plongée souterraine, doublant en
particulier la plupart des appareils pour parer à toute défaillance fatale. Le
recours aux mélanges gazeux a ainsi permis d'explorer la source du Bestouan
(calanques de Cassis) sur près de 3 km de longueur et de descendre à 200 m de
profondeur dans la célèbre Fontaine de Vaucluse. En septembre 1996, la première
traversée intégrale du gouffre de Padirac était réalisée, après le
franchissement de vingt-deux siphons. Enfin, sans
se détourner des grands massifs d'Europe occidentale, du Texas ou du Kentucky,
les spéléologues ont, depuis une vingtaine d'années, porté leurs regards sur le
monde neuf des karsts tropicaux : le Mexique, Bornéo, Madagascar ont ainsi
livré de formidables découvertes et, en 1995, était exploré en Nouvelle-Guinée
le gouffre Muruk, où, pour la première fois dans l'hémisphère Sud, on a dépassé
les 1 000 m de profondeur. La
spéléologie reste ainsi l'un des rares domaines où de véritables découvertes
sont encore régulièrement effectuées, pour l'essentiel par des amateurs
pratiquant en week-end et pendant leurs vacances. L'étude
scientifique des cavernes En un
siècle et demi d'exploration, les spéléologues ont accumulé une formidable
moisson d'informations sur le monde souterrain. Chaque nouvelle cavité
découverte est systématiquement topographiée ; les plans et les descriptions
sont rassemblés dans des inventaires régionaux ; et l'injection de puissants
colorants dans les cours d'eau souterrains permet de déterminer leur point de
sortie, et de délimiter ainsi les bassins versants des sources. Les
spéléologues sont donc de précieux auxiliaires pour les géographes, géologues,
hydrogéologues et autres scientifiques impliqués dans la recherche en
karstologie. La
karstologie On nomme
karstologie, du nom des plateaux du Karst situés entre la Slovénie et l'Istrie,
la branche des sciences de la Terre qui décrit et explique l'hydrologie et le
relief propres aux massifs calcaires, et, le cas échéant, à d'autres roches
présentant les mêmes caractéristiques. Les eaux tombées à la surface de ces
plateaux fracturés et perméables s'infiltrent dans la masse rocheuse, de même
que s'engouffrent les rivières venues buter contre ces massifs. Les paysages de
surface sont donc dépourvus de tout écoulement. La roche apparaît souvent à nu
sous la forme de vastes lapiaz, grandes dalles blanches aux arêtes tranchantes.
Et la topographie est marquée par l'abondance de bassins fermés de toutes
dimensions, depuis les dolines de quelques mètres de diamètre aux vastes poljés
de plusieurs kilomètres. Cette eau
absente en surface, on la retrouve donc sous terre, où elle circule tout en
poursuivant un lent travail de dissolution chimique et d'usure mécanique de la
roche. Lorsqu'elle ne peut plus creuser, l'eau redépose les carbonates dissous
et forme ainsi les stalactites et stalagmites qu'admirent tous les visiteurs de
cavernes. Les cours d'eau souterrains sont sujets à de violentes crues
extrêmement dangereuses pour les spéléologues. Ces rivières des ténèbres
réapparaissent au jour par de puissantes émergences qui, telles la Fontaine de
Vaucluse ou la source de Fontestorbes (Ariège), ont de tous temps excité les
imaginations. Encore inconnus il y a un siècle, ces systèmes sont de mieux en
mieux compris, et, dans les Pyrénées comme dans les Alpes, nombre de ces
rivières souterraines ont désormais été explorées. D'autres
roches, tels les grès ou les gypses, peuvent donner des formes comparables :
l'immense réseau labyrinthique d'Optimisticeskaja en Ukraine, avec ses 178 km
de galeries explorées, est le plus vaste actuellement connu dans le gypse. En
revanche, les tunnels de lave explorés sur les flancs des volcans d'Hawaii ou
de la Réunion procèdent d'une tout autre genèse, où l'eau ne joue aucun rôle,
puisque c'est la lave qui, en continuant à s'écouler sous la croûte solidifiée,
crée ces tubes. De même, les grottes marines s'expliquent par l'action
mécanique des vagues taraudant indifféremment des roches de toutes natures. Archéologie,
biospéléologie et autres apports scientifiques De façon
fortuite, ou à la suite de patientes recherches, l'exploration des cavernes
fournit aussi toutes sortes d'informations précieuses pour de nombreuses
disciplines. La
recherche de vestiges paléontologiques a été un des grands moteurs de la
curiosité pour les grottes, les os des espèces disparues se trouvant sous terre
à l'abri des agents météoriques. Ainsi, la découverte en 1826 de squelettes
d'ours des cavernes dans les grottes d'Osselle, près de Besançon, entraîne les
savants à revisiter toutes les cavernes de la région. Puis la recherche de
gisements archéologiques, et surtout la reconnaissance de l'authenticité de
l'art pariétal (gravures et peintures) valent aux cavernes un regain d'intérêt
qui ne s'est plus démenti. Une collaboration s'impose alors entre les spéléologues
qui découvrent les sites et les archéologues chargés de les étudier. Moins
spectaculaire, la faune souterraine a également retenu l'attention depuis fort
longtemps : le protée, petit batracien cavernicole, fut décrit dès 1768 par
Laurenti, et les entomologistes furent parmi les premiers à visiter
systématiquement les grottes et à en dresser des inventaires fort complets. En
effet, la vie souterraine se développe dans des conditions très particulières,
la concurrence entre les espèces étant très réduite, mais les ressources
alimentaires très limitées ; le métabolisme des insectes troglobies (ou
inféodés au milieu souterrain) s'en trouve très ralenti ; les animaux,
dépigmentés et aveugles, ont évolué beaucoup plus lentement que les espèces de
surface et sont ainsi considérés comme de véritables " fossiles vivants
". À la faune étudiée dans les cavernes accessibles à l'homme s'ajoute une
faune encore très mal connue qui peuple les réseaux de fissures millimétriques
ou des espaces clos sans communication avec le monde extérieur, comme la grotte
de Movilé, découverte en 1986 en Roumanie. Les
cavernes ont aussi été, depuis quelques décennies, le support de nombreuses
études sans rapport direct ni avec la spéléologie ni avec le monde souterrain à
proprement parler : expériences de chrono-biologie humaine menées en
particulier par Michel Siffre dans les Alpes-Maritimes, au Texas et en Aveyron
(expériences " hors du temps ") ; laboratoires de sismologie, étude
des marées terrestres ou des variations de la gravitation. Les grottes se
prêtent bien à de tels travaux en isolant les appareils de mesure des
perturbations extérieures. Ici, la spéléologie n'a fait que fournir un cadre
propice. Pratique de
la spéléologie et protection des cavernes Le
monde
souterrain est donc l'objet d'une fréquentation parfois intense,
ne serait-ce
que sur le plan du tourisme : en France, une centaine de grottes et de
gouffres
sont aménagés pour la visite et reçoivent chaque
année plus de cinq millions de
touristes. En Chine, 217 cavernes sont exploitées pour le
tourisme, ce qui ne
va pas sans de nombreuses dégradations du milieu. La
fréquentation par les
spéléologues peut également entraîner des
pollutions locales, mais les
écosystèmes souterrains sont surtout sensibles aux
pollutions extérieures dont
les spéléologues sont les témoins "
privilégiés " : gouffres utilisés
comme autant de décharges malgré les interdictions
formelles de la loi,
villages entiers injectant dans le sous-sol leurs eaux usées,
contaminations
bactériennes par les rejets non traités des fermes
d'élevage... Consciente de
ce problème, la FFS (Fédération française
de spéléologie) s'est dotée dès 1969
d'une commission Protection et Environnement, et des opérations
de dépollution
sont régulièrement organisées. Forte aujourd'hui
de plus de 8 000 membres, la FFS est amenée à remplir des missions très
variées, officiellement reconnues par les pouvoirs publics pour ce qui concerne
les questions d'environnement, mais aussi pour l'organisation des secours
souterrains lorsque des accidents surviennent. Face à la demande croissante des
centres de vacances curieux de faire découvrir les cavernes, elle a également
participé à la mise en place d'un brevet d'État d'éducateur sportif spécifique
à la spéléologie. La FFS publie également deux revues de grande renommée :
Spelunca, où sont relatées les dernières découvertes en date dans le monde, et
où sont traités les aspects techniques ; et Karstologia, où chercheurs et
spéléologues publient les résultats de leurs observations scientifiques. Hors de
France, la plupart des pays européens, la Russie, de nombreux pays d'Amérique
connaissent de même une grande activité spéléologique, l'ensemble des
fédérations étant réunies dans une Union internationale de spéléologie qui
tient congrès tous les quatre ans. La liste réactualisée des plus grands
gouffres traduit bien cette internationalisation de la recherche spéléo,
puisque les quarante-sept gouffres de plus de 1 000 m de profondeur se
répartissent entre treize pays différents |
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