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Les clubs de rugby du Nord Pas de Calais

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Les clubs


Sport d'équipe né en Angleterre au XIXe siècle, le rugby a longtemps défendu les valeurs de l'amateurisme. L'adoption du professionnalisme en 1995 a modifié la situation ; le rugby se trouve à un tournant de son histoire : certains pays ont rapidement structuré ce sport de manière professionnelle, d'autres conservent la nostalgie de l'amateurisme. Pour continuer d'avoir une crédibilité internationale, le rugby se doit de gérer cette ambiguïté.

 

Sport collectif pratiqué sur un terrain gazonné et opposant deux équipes de quinze joueurs chacune qui tentent de marquer des points en envoyant un ballon de forme ovale entre les poteaux de but ou en "aplatissant" de la main dans l'en-but de l'adversaire.

 

Le rugby à quinze (différent du rugby à treize) rappelle un jeu qui était pratiqué dans l'Antiquité (phaininda en Grèce, puis harpastumà Rome). Au Moyen Âge, la soule (enveloppe de cuir remplie de son ou de paille et, plus tard, vessie de porc gonflée de forme ovoïde) donne lieu à des affrontements que l'on peut considérer comme des formes originelles du rugby. Deux équipes employaient tous les moyens pour porter l'objet en un lieu fixé à l'avance : sommet d'une tour, faîte d'un arbre, etc. La soule acquit une renommée telle que les parties, opposant parfois les habitants de villages entiers, duraient plusieurs jours et donnaient lieu à des empoignades d'une rare violence.

 

La légende veut que, en 1826, William Webb Ellis ait transgressé les règles d'un jeu auquel s'adonnaient les étudiants du collège de Rugby : il s'empare du ballon avec les mains et le porte vers les buts adverses. Cette forme originale de faire avancer le ballon permettra par la suite de distinguer le "football rugby" (rugby actuel) du "football association" (football actuel). En fait, les premières règles sont édictées en 1846 et précisées en 1871 par la Rugby Football Union. L'engouement pour ce nouveau sport gagne l'ensemble de l'Empire britannique, au sein duquel sont fondées les fédérations d'Écosse (1873), d'Australie (1875), d'Irlande (1879), de Nouvelle-Zélande (1879), du pays de Galles (1880) et d'Afrique du Sud (1880).

 

Apparu en France en 1872, par le truchement d'étudiants anglais du Havre, le rugby y est admis comme sport à part entière en 1890. Organisé dès 1892, le premier championnat de France oppose en finale le Racing Club de France au Stade français. Pour son premier match international, la France rencontre la Nouvelle-Zélande en 1906. La fondation de la Fédération française de rugby remonte à 1920.

 

Le jeu et les joueurs

 

Le rugby se dispute sur un terrain rectangulaire dont la longueur est comprise entre 95 et 100 m, et la largeur entre 66 et 69 m. Chaque moitié de terrain est divisée, en partant de la ligne du milieu, par la ligne des 10 m, la ligne des 22 m, la ligne de but et la ligne de ballon mort. Les buts se composent de deux montants d'au moins 3,50 m de hauteur, distants de 5,65 m et joints par une barre transversale placée à 3 m au-dessus du sol. Le ballon, de forme ovale, est long de 28 à 30 cm ; il présente un grand périmètre de 76 à 79 cm et un petit périmètre de 58 à 62 cm, et pèse entre 400 et 440 g. La rencontre se déroule en deux périodes de 40 min chacune, séparées par une mi-temps de 5 min environ. L'arbitre est assisté de deux juges de touche.

 

Les équipes, composées au XIXe siècle de plusieurs dizaines de joueurs, en comptent actuellement quinze : les huit avants, ou pack, formant la mêlée, sont surtout chargés de la conquête du ballon, le demi de mêlée (n° 9) et le demi d'ouverture (n° 10) ont pour tâche d'organiser les tactiques et de distribuer le jeu, tandis que les cinq joueurs composant les lignes arrière (l'arrière proprement dit [n° 15] et les trois-quarts [n° 11 à 14]) sont essentiellement chargés de faire progresser le ballon vers l'en-but adverse. La mêlée se compose d'une première ligne (talonneur [n° 2], encadré de deux piliers [n° 1 et 3]), d'une deuxième ligne (deux joueurs [n° 4 et 5]) et d'une troisième ligne (trois joueurs [n° 6, 7 et 8]).

 

Les points

 

Le rugby consiste avant tout à marquer des essais, grâce à une série de combinaisons et de manœuvres dont la multiplicité et l'enchaînement font l'attrait du jeu. Valant 5 points depuis 1992 (1 point en 1886, 2 points à partir de 1889, 3 points à partir de 1894, 4 points à partir de 1972), l'essai donne lieu à une tentative de transformation : il s'agit d'un coup de pied placé (le ballon étant posé au sol), donné d'une ligne perpendiculaire à la ligne de but et partant de l'endroit où l'essai a été marqué (la distance par rapport à la ligne de but est librement choisie de sorte que l'angle soit favorable à la réussite du coup de pied) ; la transformation réussie vaut 2 points. Au total, l'essai transformé rapporte donc 7 points.

 

Le drop goal, ou coup de pied tombé, donné après le rebond du ballon en direction des buts adverses, vaut 3 points si le ballon passe entre les poteaux au-dessus de la barre transversale. La pénalité, consécutive à une faute de l'adversaire, vaut également 3 points.

 

La progression du ballon

 

Le terme "mêlée" recouvre deux significations différentes. La mêlée ouverte, ou spontanée, oppose un ou plusieurs joueurs d'une équipe à au moins trois joueurs de l'équipe adverse, tous en contact et se groupant debout autour d'un ballon mis à terre au cours du jeu.

 

La mêlée fermée, ou ordonnée, est une sanction décidée par l'arbitre de la rencontre, et oppose les deux packs face à face : les deux premières lignes s'arc-boutent l'une contre l'autre, formant un tunnel dans lequel le demi de mêlée lance le ballon ; celui-ci est alors "ratissé" par le talonneur de l'équipe dont la poussée, au moment de l'introduction du ballon en mêlée, aura été, théoriquement, la plus forte. Le ballon parvient au sol à la deuxième ligne, puis à la troisième ligne, derrière laquelle le demi de mêlée doit le prendre, et il le passe, dans la plupart des cas, au demi d'ouverture. À celui-ci s'offrent, pour résumer, trois solutions principales : soit "taper à suivre" en direction du but adverse et provoquer le plus souvent une mêlée ouverte ; soit transmettre aux trois-quarts, auxquels incombe la progression par diverses combinaisons ; soit encore botter en touche afin de gagner du terrain.

 

Il y a touche lorsque le ballon sort des limites latérales du terrain. Si le ballon est tapéà l'intérieur de la ligne des 22 m, la remise en touche est effectuée à l'endroit où il est sorti. Au-delà des 22 m, le ballon doit rebondir sur le terrain avant de sortir pour que la remise en touche s'effectue au point de sortie. Si le ballon sort directement en touche, celle-ci se joue à la hauteur de l'endroit où il a été tapé.

 

La remise en touche implique la présence, à 5 m de la ligne de touche, des deux packs alignés perpendiculairement à celle-ci et séparés par 1 m. Le ballon, lancé le plus souvent par le talonneur, est pris en sautant, généralement par un joueur de la deuxième ligne. La remise en touche donne lieu, après maîtrise du ballon, à une situation nouvelle : le pack a la possibilité soit de transmettre le ballon au demi de mêlée, soit de "percuter" la défense lorsque la touche se situe à quelques mètres de la ligne de but adverse (dans l'espoir de marquer un essai), soit de conserver le ballon, en créant ainsi un maul ; ce dernier est destiné à fixer l'adversaire, qui ne peut dépasser la ligne d'avantage sous peine de hors-jeu.

 

Le hors-jeu

 

Les lois du hors-jeu sont fondamentales en rugby ; leur méconnaissance nuit à l'intérêt du jeu et à sa pratique. Les principaux cas de hors-jeu sont les suivants : dans le cas d'une mêlée ordonnée, lorsqu'un joueur qui ne participe pas à la mêlée se trouve en deçà d'une ligne passant par les pieds du dernier joueur formant la troisième ligne ; dans le cas d'une remise en touche, lorsqu'un joueur qui n'y participe pas ne se trouve pas à 10 m du pack de son équipe ; dans le cas d'une mêlée ouverte, d'un maul ou d'un tenu (un joueur tenu est dans l'impossibilité de passer le ballon), lorsqu'un joueur se trouve au-delà du ballon.

 

La défense

 

En cours de jeu, le seul moyen licite d'arrêter le porteur du ballon est le placage, qui, pour être efficace, doit être effectué au niveau des jambes. Le joueur plaqué, qui ne peut exploiter le ballon, doit immédiatement le libérer pour qu'il soit récupéré par d'autres : il s'agit d'une règle tenant à l'esprit offensif et spectaculaire du rugby ; ce qui nuit à la progression du jeu est sanctionné. De même, lorsqu'une faute est commise par l'adversaire, mais qu'elle ne compromet pas le développement du mouvement, l'arbitre laisse le jeu se poursuivre (règle de l'avantage).

 

Les fautes et les sanctions

 

Les fautes les plus communément commises en rugby sont l'en-avant, lorsqu'un joueur passe le ballon à un partenaire qui se trouve en avant de lui ; le tenu, lorsqu'un joueur plaqué au sol ne lâche pas immédiatement le ballon ; le hors-jeu, précédemment défini ; l'obstruction, lorsqu'un joueur empêche un adversaire qui ne porte pas le ballon de progresser, et, en mêlée fermée, le talonnage à la main.

 

Ces fautes, à l'exception de l'en-avant, entraînant la formation d'une mêlée ordonnée, sont sanctionnées par un coup de pied de pénalité, de même que les incorrections physiques (coup de poing, cravate, placage prématuré ou à retardement) ou verbales (notamment les injures à l'arbitre). Le coup de pied de pénalité, tapé directement vers le but adverse de l'endroit de la faute, impose que l'équipe du botteur se trouve derrière lui et que l'adversaire se replie à 10 m ; le capitaine de l'équipe peut décider de faire jouer la pénalité à la main afin de relancer l'attaque.

 

Les fautes techniques – telle la remise en touche incorrecte ou la mauvaise introduction en mêlée – sont sanctionnées par un coup franc, qui ne peut être tapé directement vers le but adverse (règle datant de 1977). Le botteur peut soit passer le ballon à la main, soit botter pour lui-même, soit taper en touche ou à suivre.

 

Les instances dirigeantes

 

Créé en 1887 à l'initiative des Anglais, l'International Board est l'unique dépositaire des règles du rugby, adaptées à tout l'Empire britannique jusqu'en 1948. À cette date, les fédérations d'Australie, de Nouvelle-Zélande et d'Afrique du Sud sont admises à faire valoir leurs doléances. La France fait partie de l'International Board depuis 1978.

 

La Fédération internationale de rugby amateur (FIRA), fondée à l'initiative des Français en 1934, groupe toutes les fédérations n'appartenant pas à l'International Board.

 

Le Tournoi des cinq nations

 

L'épreuve majeure en Europe est, depuis 1910, le Tournoi des cinq nations, opposant chaque année, en hiver et au printemps, les équipes d'Angleterre, d'Écosse, du pays de Galles, d'Irlande et de France, à raison pour chacune de deux rencontres à domicile et de deux rencontres à l'extérieur. L'objectif de chaque équipe est de réaliser le grand chelem (quatre victoires). Depuis la création du Tournoi des cinq nations jusqu'en 1997, le grand chelem a été réalisé onze fois par l'Angleterre, six fois par le pays de Galles, cinq fois par la France (1968, 1977, 1981, 1987, 1997), deux fois par l'Écosse, une fois par l'Irlande. En 2000, le Tournoi devient des Six Nations, en accueillant l'Italie.

 

Les tournées

 

Dès la création de la Fédération anglaise, des contacts sont noués entre représentants de l'Empire britannique. Les tournées sont inaugurées en 1888, lorsqu'une équipe britannique va jouer trente-cinq matches en Australie et en Nouvelle-Zélande. Dès l'année suivante, une sélection de Maoris dispute quinze rencontres en Australie, puis soixante-quatorze en Grande-Bretagne, durant un périple de sept mois.

 

Jusqu'à la création de la Coupe du monde, les tournées représentent l'unique occasion de confrontations entre les équipes de l'hémisphère Nord et celles de l'hémisphère Sud. Le plus souvent, les All Blacks , de Nouvelle-Zélande, et les Springboks , d'Afrique du Sud, s'imposent face aux Européens. Il faut néanmoins citer deux des exploits majeurs du rugby français : en 1958, l'équipe commandée par Lucien Mias s'impose en Afrique du Sud (1 victoire, 1 match nul) ; en 1994, l'équipe commandée par Philippe Saint-André gagne en Nouvelle-Zélande (2 victoires).

 

La Coupe du monde

 

En mars 1985, les dirigeants de l'International Board prennent une décision fondamentale pour l'avenir du rugby : la création d'une Coupe du monde, disputée tous les quatre ans comme la Coupe du monde de football. La première édition se tient en 1987, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Les All Blacks néo-zélandais, commandés par David Kirk, imposent leur style de jeu, fondé sur un soutien constant entre avants et trois-quarts, et dominent la France en finale (29-9). La deuxième édition a lieu en 1991 dans les îles Britanniques et en France. L'Australie, avec Nick Farr-Jones comme demi de mêlée, bat l'Angleterre en finale (12-6). La troisième édition, en 1995, est un événement essentiel pour le rugby. D'abord, elle se dispute en Afrique du Sud, ce qui marque le retour de ce pays, longtemps exclu en raison de sa politique d'apartheid, dans le concert des nations. Les Springboks sud-africains s'imposent aux All Blacks néo-zélandais en finale (15-12). L'image du président de la République, Nelson Mandela , emprisonné pendant des années du temps de l'apartheid, remettant le trophée au capitaine François Pienaar symbolise la réconciliation de tout un peuple.

 

Ensuite, il devient clair que la pratique du rugby à haut niveau est devenue inconciliable avec une autre activité professionnelle. Prenant acte de cet état de fait, les dirigeants de l'International Board décident, dès août 1995, d'autoriser le professionnalisme. Le rugby entre dans une nouvelle ère. Son avenir dépend en grande partie de la bonne transition entre amateurisme et professionnalisme.

 

La Coupe du monde de 1999 permet à l'Australie de devenir la première nation à remporter deux fois le trophée, en battant l'équipe de France. Celle-ci s'était imposée en demi-finale face aux All Blacks lors d'un des plus beaux matchs de l'histoire du rugby.


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