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Enfant
L'être
humain, dans son jeune âge, est incapable d'assurer sa survie par ses propres
moyen, ce qui l'a fait, à certaines époques, considérer comme un fardeau.
Aujourd'hui, en particulier dans les sociétés développées, sa santé, son
éducation, ses droits, son développement affectif font l'objet d'une attention
particulière de la part de la société et de la famille.
Être humain
de la naissance à l'adolescence.
L'enfant
dans l'Histoire
La
conception que la société a de l'enfant a évolué au cours des siècles. Un
survol historique des sociétés occidentales permet de saisir des différences
fondamentales selon les époques.
De l'époque
romaine au XIIIe siècle
L'enfant
est désiré, mais il l'est parce qu'il apparaît comme un instrument de la
puissance : puissance collective (plus on est nombreux, plus on est fort),
puissance individuelle (la nécessité d'une descendance est considérée comme
essentielle). Les Romains, parce qu'ils sont préoccupés de cette notion de
descendance, instaurent un lien juridique nouveau : l'adoption. Mais l'enfant
n'est pas reconnu en tant que tel. Jusqu'au XIIIe siècle, il apparaît dans
l'iconographie populaire comme un adulte en miniature.
Du XIIIe
siècle à la fin du XVIIIe siècle
Il devient
un fardeau, une bouche à nourrir. Dès le XIIIe siècle, pour que le patrimoine
ne s'éparpille pas, le droit d'aînesse s'instaure progressivement. Les preuves
de ce rejet de l'enfant sont nombreuses : mariages tardifs, fréquence de
l'infanticide, abandon (à certaines époques, en France, un tiers des enfants
est abandonné). Il n'existe aucune loi sur l'adoption, ni aucune demande
d'adoption. À la fin de cette période, un intérêt pour l'enfant semble réapparaître
mais il est limité : c'est une source d'amusement, de détente. Cet intérêt
superficiel se traduit par un mot fréquent dans le langage du XVIIIe siècle :
le mignotage.
Depuis la
fin du XVIIIe siècle
La fin du
XVIIIe siècle voit, en Occident, l'apparition d'une notion neuve : il faut
aimer les enfants pour qu'ils vivent. Le XIXe siècle glorifie l'enfant et
Victor Hugo écrit Lorsque l'enfant paraît. La première loi française sur
l'adoption date de 1923. Et c'est précisément à cette époque, où l'enfant
émerge dans la conscience collective comme un individu à part entière, que
débute la baisse de la fécondité (qui est régulière de la fin du XVIIIe siècle
à nos jours) : avoir moins d'enfants pour s'en occuper mieux.
Développement
et maturation
L'enfant
est un être en développement. Il grandit (c'est la croissance), il se
transforme physiquement, psychologiquement, intellectuellement. L'ensemble de
ces phénomènes porte le nom de maturation. Il naît avec des potentialités qui
sont inscrites dans son code génétique : c'est l'inné. Il reçoit de son
environnement des apports multiples : c'est l'acquis. Et c'est l'intime
intrication de ces deux phénomènes qui aboutit à la constitution de l'individu
mature. Le débat qui consiste à distinguer la part issue de l'inné de celle qui
revient à l'acquis est difficile et d'intérêt plus intellectuel que pratique.
L'individu a un code génétique que l'on commence tout juste à découvrir. Le
rôle de son environnement est essentiel, puisque son objectif est de permettre que
s'épanouissent au mieux des potentialités qui nous échappent et que nous
découvrons au fur et à mesure du développement.
Les
conditions d'un bon développement
Pour que se
réalise au mieux le développement, que l'ensemble des potentialités de l'enfant
s'exprime, il est essentiel que soient satisfaits ses besoins, qui sont de
quatre ordres : nutritionnels, affectifs, intellectuels et éducatifs.
Les besoins
nutritionnels
Ils sont
primordiaux : il n'est pas de développement correct et harmonieux sans une nutrition
suffisante à la fois sur le plan quantitatif et sur le plan qualitatif. La
cause la plus fréquente de petite taille dans le monde est la malnutrition. À
titre d'exemple, un enfant de 7 ans mesure en moyenne 1,20 m s'il est nourri
correctement, et ce dans tous les pays du monde. En cas de malnutrition
chronique sévère, à 7 ans, cette taille est inférieure à 1,10 m.
Les besoins
affectifs
Ils sont
comblés par l'échange permanent entre l'enfant et son entourage (familial
d'abord, puis extrafamilial). Pour se développer harmonieusement, il a besoin
d'aimer et de se savoir aimé : la tendresse, le jeu, l'attention à ses
préoccupations quotidiennes, le dialogue sont les éléments de cet échange.
Les besoins
intellectuels
Ils sont
importants. L'enfant apprend et est heureux d'apprendre. Sans doute son
développement intellectuel est-il inscrit dans son code génétique, mais il a
besoin d'être sollicité. Les apprentissages lui sont fournis par la famille
d'abord, par l'école ensuite. Ces apprentissages lui apportent les instruments,
les méthodes et les connaissances indispensables à son épanouissement
intellectuel.
Les besoins
éducatifs
Ils en sont
le complément. L'enfant a besoin de bornes, de limites, de repères. Il va devoir
vivre dans une société donnée, à une époque donnée. Il a besoin de comprendre
cette société, de s'y intégrer. Tel est le but de l'éducation.
La
satisfaction de ces besoins, auxquels les parents et les éducateurs doivent
être attentifs, permet à cet être immature de réaliser ses potentialités :
l'objectif à atteindre est d'en faire un adulte heureux, au développement
physique et psychique harmonieux, bien inséré dans la société où il va devoir
vivre.
Les grandes
étapes de l'enfance
Quatre
grandes périodes peuvent être distinguées, dont chacune a ses caractéristiques
:
la période
néonatale, où se fait l'adaptation à la vie extra-utérine ;
la petite
enfance (de la naissance à 3 ans), qui est une phase de croissance et de
développement rapides. Dans le même temps se fait l'essentiel des acquisitions
;
l'enfance
proprement dite, qui va de 3 ans au début de la période pubertaire. C'est le
temps des apprentissages ;
l'adolescence,
qui débute avec la puberté. C'est une longue phase d'explosion physique, psychologique
et intellectuelle.
La petite
enfance
(ou phase
de développement rapide).
La
croissance.
Le petit
enfant grandit vite. Mesurant en moyenne 50 cm à la naissance, il va gagner
près de 45 cm pendant ses trois premières années : 25 cm dans la première
année, 20 cm dans les deux années suivantes. Son poids passe de 3 à 15 kg et
c'est pendant ces trois années que le développement cérébral est le plus
considérable : le volume cérébral va tripler pour atteindre les deux tiers du
volume cérébral de l'adulte.
Le
développement psychomoteur
est
l'intrication de phénomènes proprement moteurs et de phénomènes
psycho-intellectuels. Bien qu'ils ne résument pas à eux seuls toutes les
acquisitions, les plus évidentes, les plus mesurables, sont la motricité, les
relations à l'entourage, l'apparition du langage.
La
motricité s'acquiert très rapidement : à 3 mois, l'enfant tient sa tête droite
et la tourne en direction des sollicitations visuelles et auditives ; vers 7-8
mois, il tient assis seul et sans appui ; à 9 mois, il tient debout avec appui
et est rapidement capable de se déplacer ; entre 12 et 18 mois, il marche.
Les
réactions à l'entourage sont également rapides : vers 4 à 6 semaines, il sourit
; entre 2 et 3 mois, il gazouille puis réagit aux paroles, au jeu. À 8 mois
apparaît une période d'angoisse de séparation dès qu'on le laisse seul, puis
entre 1 an et 18 mois il participe à la vie de l'entourage, aime jouer,
communiquer. Entre 18 mois et 3 ans, alors que la marche est acquise, se
développe une longue période caractérisée par trois éléments : l'agitation,
l'hyperactivité et l'opposition. Cette période, souvent difficile pour
l'entourage, n'a pas valeur de trouble comportemental. Elle est indispensable à
la structuration de la personnalité.
L'acquisition
du langage s'étale sur trois années. Jusqu'à 9 mois, l'enfant ne " parle
" pas au sens où on l'entend habituellement, mais il entend, enregistre,
comprend, et petit à petit se fait comprendre. Le premier langage est le
langage des pleurs, que les mères attentives savent interpréter (le gazouillis,
lui, n'a pas valeur de langage : on sait qu'il existe même chez les sourds
profonds). Le deuxième langage est celui des gestes (au revoir, bravo, etc.),
qui débute vers 9 mois et se développe jusqu'à 15-18 mois. Dans le même temps,
l'enfant s'essaie à un langage parlé avorté : le jargon (que l'on peut comparer
à une langue étrangère).
Les mots
intelligibles, chargés de sens, apparaissent entre 1 an et 18 mois. Le langage
est d'une dizaine de mots, mais il va dès lors évoluer très vite : 100 à 200
mots en moyenne à 2 ans, 2 000 à 3 000 mots à 3 ans.
La période
2-3 ans a une triple caractéristique : l'apparition de la phrase, le "
parler bébé ", la dénomination de l'enfant par son prénom ou un diminutif.
À 3 ans (à quelques mois près) apparaît un phénomène essentiel : le pronom
" je ".
La
sexualité de la petite enfance.
C'est un
terme souvent mal compris : il ne s'agit pas en effet de la sexualité au sens
où l'adulte l'entend, et on la qualifie de " prégénitale ". C'est la
découverte par l'enfant de sensation agréables (ou désagréables) au niveau de
la bouche (dite sexualité orale), de la région anale (sexualité anale). C'est
la découverte du corps, du sien et de celui des autres. C'est la découverte de
la différence des sexes et l'identification au parent de même sexe.
Lorsque
s'achève la petite enfance, l'adulte a devant lui un être qui a sa
personnalité, son caractère, qui marche, court, parle, affirme son " moi
" par le pronom " je " et pose ses premiers " pourquoi
" ?
L'enfance
Elle va de
3 ans au début de la puberté et couvre schématiquement les périodes préscolaire
(maternelle) et scolaire (école élémentaire). C'est un temps de grande
stabilité sur le plan de la croissance et du comportement, période dite "
de latence ". C'est le temps des apprentissages et de l'enrichissement
intellectuel.
La
croissance
est très
régulière. De 3 ans à l'âge du début de la puberté, l'enfant gagne environ 6 cm
et 2 kg par an. Toute accélération ou ralentissement dans ce processus régulier
mérite d'être pris en compte sur le plan médical (il y a une cause à
rechercher). Une des premières manifestations de la puberté est une
accélération de la croissance.
L'école
devient un
des lieux les plus importants pour l'enfant et rythme désormais toute sa vie.
C'est un lieu à la fois d'apprentissage et d'observation.
L'école
maternelle est le plus grand succès du système éducatif français. Créée au XIXe
siècle par Pauline Kergomard (1835-1925), elle est, bien que non obligatoire,
fréquentée par la quasi-totalité des enfants (plus de 90 % à 3 ans, près de 100
% à 4 ans).
Il ne faut
pas en attendre un apprentissage plus précoce de la lecture, du calcul, de
l'écriture. L'école maternelle cherche à habituer l'enfant à la collectivité, à
parfaire son langage, à éveiller son esprit au monde. Elle apporte l'expérience
de la vie en société, les notions d'ordre, de contraintes, de respect des
autres. C'est en outre un temps d'observation irremplaçable, permettant de
dépister l'essentiel des difficultés psycho-intellectuelles qui peuvent
affecter l'enfant et rendre ultérieurement difficile l'intégration à l'école :
difficultés d'adaptation, manifestations anxieuses, hyperactivité
psychomotrice, retards de développement, difficultés instrumentales (notamment
les retards de langage). Toutes ces manifestations peuvent et doivent être
prises en charge dès cette époque.
L'école
élémentaire a pour objectifs d'apprendre la lecture, l'écriture (donc la
maîtrise de la langue) et le calcul élémentaire. Parmi ces apprentissages, le
plus important est sans conteste celui de la lecture. Un long débat a eu lieu
en France sur les méthodes de lecture (lecture globale ou syllabique). Ce débat
est dépassé. On sait aujourd'hui que l'apprenti lecteur fonctionne en trois
phases successives : une reconnaissance globale et visuelle des mots très
fréquents, une analyse lettre par lettre des mots nouveaux, une lecture dite
compétente utilisant conjointement les deux stratégies précédentes.
Or, ces
objectifs sont loin d'être atteints et, à la fin du XXe siècle, il apparaît
que, en France, l'école est inadaptée. En 1996, un rapport très documenté
(rapport Fauroux, juin) a fait le constat de cette inadaptation. À l'entrée au
collège (entrée en 6e), 1 enfant sur 7 ne sait pas lire, 1 sur 4 ne sait pas
compter, 2 sur 5 ne savent pas distinguer un carré d'un rectangle. L'objectif
principal du début du XXIe siècle est de faire en sorte que l'école transmette
effectivement, à tous, ces savoirs primordiaux : c'est un impératif de société,
car l'échec scolaire est une cause essentielle des déviances et des délinquances.
Une telle adaptation nécessite que soit pris en compte l'environnement familial
de l'enfant, qui a considérablement changé en quelques décennies : la majorité
des mères travaille, on compte en France 40 % de familles éclatées, 30 % de
naissances hors mariage, 10 % d'enfants nés de mères étrangères. Ces
particularités n'existaient pas quand Jules Ferry a rendu l'école obligatoire
(1882). L'école n'a guère été repensée depuis... C'est par la mobilisation non
seulement des spécialistes de l'éducation, mais de tous les parents, que
l'école, son rôle, ses objectifs et ses rythmes seront réhabilités.
La santé de
l'enfant
Les risques
encourus
La maladie
est rarement grave une fois passée la période néonatale, en dehors de petites
maladies courantes fréquentes surtout pendant la petite enfance. Ce sont des
maladies dites de l'adaptation, qui permettent à l'enfant d'acquérir son
immunité. Leur risque est plus social que médical (arrêts de travail des
mères).
La mort
subite du nourrisson est un problème majeur, principale cause de mortalité dans
la première année de vie.
L'accident
constitue l'essentiel de la pathologie de l'enfance. Quelques chiffres en
témoignent. En France, chaque année, 1 enfant sur 10 est victime d'un accident.
Toutes les 4 heures, un enfant meurt d'accident. Entre 1 et 3 ans, l'accident
est responsable de 40 % des décès.
La
maltraitance est un problème important. On estime à plus de 30 000 par an, en
France, le nombre d'enfants victimes de privations majeures, de sévices
corporels ou d'abus sexuels.
Le rôle de
la prévention
La
prévention est l'essentiel de la prise en charge de ces risques. Elle est
insuffisante au vu des chiffres précédents. La petite enfance est bien protégée
par les consultations obligatoires et la généralisation des vaccinations. En
revanche, la médecine scolaire, l'éducation de l'enfant aux risques d'accidents
sont notoirement défaillantes.
Droit
En France
L'enfance
est protégée par le droit. Plusieurs régimes juridiques la concernent, relevant
des droits civil, pénal et social en particulier. Les dispositions protectrices
des enfants sont très nombreuses.
Droit civil
En droit
civil, les enfants se confondent avec les descendants dans les règles
concernant la filiation, qui favorisent leur insertion dans leur famille. Les
parents sont obligés de subvenir à l'entretien des enfants, à moins qu'ils ne
démontrent qu'ils sont dans l'impossibilité matérielle de le faire. Cette
obligation dépasse la simple fourniture d'aliments ; elle s'étend au-delà de la
majorité, en cas de poursuite des études. Les parents sont titulaires d'un
droit de garde sur leurs enfants, qui suppose un devoir de surveillance. Les
enfants sont protégés, même à l'égard de leurs parents, en cas de désaccord de
ceux-ci ou de menace pour la santé, la sécurité ou la moralité des mineurs. Ils
sont alors l'objet d'une assistance éducative, organisée par les articles 375
et suivants du Code civil, et réglée par le juge des enfants.
En vertu de
l'adage Infans conceptus pro nato habetur, " l'enfant conçu est considéré
comme né " chaque fois que tel est son intérêt (en matière de succession,
par exemple). Il est ensuite représenté par ses parents ou par un tuteur.
Certains actes lui sont permis. Il est apte à recevoir les successions ouvertes
à son profit. Il est héritier réservataire dans la succession de ses père et
mère, même naturels. La responsabilité civile des enfants est engagée par leurs
délits et quasi-délits. Les parents sont solidairement responsables du dommage
causé par leurs enfants mineurs habitant avec eux (article 1384, alinéa 4, du
Code civil). Cette responsabilité, qui repose sur une présomption de faute,
peut être écartée si les parents prouvent qu'ils n'ont commis aucune faute dans
l'éducation et la surveillance de l'enfant. De même, les mineurs et les tiers
auxquels ils causent préjudice bénéficient souvent des textes prévoyant la
responsabilité du fait d'autrui (commettants ou artisans employeurs,
instituteurs, collectivités publiques).
Droit pénal
En droit
pénal, on distingue les mesures protectrices de l'enfant victime et de l'enfant
délinquant. En cas d'infraction, le fait qu'elle ait été commise contre un
mineur constitue une circonstance aggravante. Sont réprimés le délaissement de
mineur de moins de 15 ans, l'abandon (pécuniaire) de famille, la
non-représentation d'enfant, la soustraction de mineur, la provocation à
l'abandon d'enfant, la substitution, la simulation ou dissimulation d'enfant.
Le Nouveau Code pénal sanctionne également la mise en péril des mineurs au
niveau tant physique que moral.
Sur ce
dernier point, il vise notamment la provocation à des actes illicites ou
dangereux, le fait de favoriser la corruption de mineurs, l'exploitation de
l'image à caractère pornographique du mineur, la diffusion de message violent
ou pornographique. Les atteintes sexuelles sans violence sont sanctionnées
essentiellement lorsqu'elles sont exercées sur des mineurs de moins de 15 ans.
Le législateur est intervenu pour réprimer plus sévèrement la pédophilie (loi
du 1er février 1994) et faciliter les poursuites en matière de " tourisme
sexuel ", en appliquant la loi française à des infractions commises à
l'étranger contre des mineurs.
Les enfants
délinquants sont pénalement irresponsables. À leur égard sont seulement prises
des mesures de protection, d'assistance, de surveillance ou d'éducation, ces
mesures étant adaptées à la personnalité de l'intéressé.
Ils
bénéficient d'un privilège de juridiction, c'est-à-dire qu'ils relèvent de la
compétence du juge et du tribunal des enfants, des chambres spéciales des cours
d'appel et d'une cour d'assises des mineurs. La présomption d'irresponsabilité
ne s'applique en fait qu'aux enfants en bas âge ; elle peut être écartée pour
les mineurs de 13 à 18 ans ayant commis un crime ou un délit, qui sont parfois
pénalement condamnés. En ce cas, est retenue par le juge l'excuse atténuante de
minorité. Les condamnés sont reçus dans des institutions spéciales d'éducation
surveillée. Il y a possibilité de cumul de mesures éducatives et répressives.
Les délinquants sont placés dans des institutions de liberté surveillée
pourvues d'éducateurs. Deux régimes y sont pratiqués : la liberté surveillée et
l'internat ou semi-liberté, qui ont pour but la réinsertion du mineur dans la
société.
Droit
social
Le droit
social s'intéresse à l'enfant dès la grossesse de la mère, soumise à
surveillance médicale. Des examens réguliers ont lieu dès le premier âge et
pendant la période scolaire. Diverses vaccinations sont obligatoires.
L'instruction et l'éducation sont des droits individuels. La scolarité est
obligatoire jusqu'à 16 ans. Une aide est allouée à la famille par l'État sous
forme de prestations familiales. Les enfants bénéficient de la sécurité sociale
par l'intermédiaire de leurs parents. Des avantages fiscaux et financiers sont
accordés, proportionnels au nombre d'enfants. Le droit du travail prévoit des
dispositions protectrices des apprentis et des jeunes travailleurs, l'âge
d'admission étant fixéà 16 ans. Toutefois, à partir de 14 ans, les enfants
peuvent suivre un enseignement alterné avec stages en milieu professionnel et
effectuer des travaux légers pendant leurs vacances scolaires (après
déclaration préalable à l'inspection du travail).
Ces mesures
constituent pour l'enfance une protection efficace, bien que leur dispersion en
affecte la cohérence.
La
Convention internationale des droits de l'enfant
Les Nations
unies ont publié le 26 janvier 1990 une convention relative aux droits de
l'enfant. Ce texte reconnaît que l'enfant doit grandir " dans un climat de
bonheur, d'amour et de compréhension " et être élevé " dans un esprit
de paix, de dignité, de tolérance, de liberté, d'égalité et de solidarité
". Pour parvenir à ces buts, la convention énonce que tout enfant possède
un droit inhérent à la vie et à la préservation de son identité.
Les États
signataires doivent veiller à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents
contre leur gré, à moins que ce ne soit dans l'intérêt supérieur de l'enfant.
En cas d'éclatement de la cellule familiale, l'enfant a le droit d'entretenir,
sauf circonstances exceptionnelles, des relations personnelles et régulières
avec ses deux parents. Pour assurer l'existence de telles relations, les États
parties prennent des mesures pour lutter contre les déplacements et les
non-retours illicites d'enfants à l'étranger, notamment par la conclusion
d'accords multilatéraux ou bilatéraux.
L'enfant se
voit également reconnaître par la convention le droit à la liberté
d'expression, d'opinion sur toute question l'intéressant, de pensée, de
conscience et de religion. Il doit être protégé contre toute forme de violence
physique ou mentale, et a le droit de jouir du meilleur état de santé possible.
Tout enfant a droit à un niveau de vie suffisant pour permettre son
développement harmonieux. La convention proclame encore le droit de l'enfant à
l'éducation et à la protection contre son exploitation économique. Il ne doit
pas être astreint à un travail comportant des risques, ou susceptible de
compromettre son éducation ou de nuire à sa santé.
Les États
parties se sont aussi engagés à protéger l'enfant contre toutes les formes
d'exploitation ou de violences sexuelles. Mais force est de constater que la
réalité est bien différente du monde idéal vers lequel tendent les dispositions
de la convention. Dans de nombreux pays, les enfants sont contraints de
travailler dès leur plus jeune âge ou sont exploités sexuellement. Pour
ceux-là, le droit à la santé, à l'éducation, reste un vœu pieu.
L'UNICEF
Organe des
Nations unies, l'UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance, en anglais
United Nations International Children's Emergency Fund) a été créé en 1946. Il
a pour vocation le secours à l'enfance, sur les plans notamment de la santé et
de l'éducation. Il intervient dans de nombreux pays, et en particulier dans les
pays en développement, grâce aux ressources que lui allouent des États (866
millions de dollars en 1993).
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